Autobiographie de Modeste Moussorgski

Juin 1880


Modeste (Pétrovitch) Moussorgski.Compositeur russe.
Né le 16 mars 1839, dans le district de Toropets (gouvernement de Pskov). Issu d’une vieille famille russe.
Sa nounou lui fit connaître les contes populaires russes. C’est en grande partie cette initiation à l’esprit populaire qui le poussa à improviser au piano avant d’avoir la moindre notion des règles les plus élémentaires du jeu (sans avoir appris à jouer).
Sa mère lui enseigna les rudiments du jeu au piano, et les choses allèrent si bien qu’à sept ans déjà il exécutait de petites pièces de Liszt ; à l’âge de neuf ans, il joua chez ses parents, en présence d’une société nombreuse, un grand concerto de Field.
Son père, qui adorait la musique, voulut développer les dons de l’enfant, et Moussorgski poursuivit ses études musicales à Saint-Pétersbourg, sous la direction d’Anion Gherke. Le professeur était si content de son élève que, lorsque celui-ci avait douze ans, il lui confia l’exécution d’un rondo de Herz à un concert de bienfaisance, donné par la dame d’honneur Rioumina..
Le succès et l’impression produite par le jeu du petit musicien furent si grands que le professeur Gherke, toujours très sévère dans ses appréciations, lui offrit la sonate en la bémol majeur de Beethoven.
À l’âge de treize ans, le jeune Moussorgski entra à l’École des porte-enseigne [élèves-officiers] de la Garde et fut honoré de l’attention la plus bienveillante de feu l’empereur Nicolas.
À la même époque, Moussorgski composa une petite pièce pour piano qu’il dédia à ses camarades d’études. Avec le concours d’Anion Gherke, cette pièce fut éditée par son père. Ç’aura été la première oeuvre publiée du jeune musicien (doué).
À l’école, Moussorgski rendait souvent visite au catéchiste Kroupski et put, grâce à ce dernier, pénétrer l’essence même de la musique religieuse ancienne, grecque et catholique.

À dix-sept ans, il fut affecté au Régiment Préobrajenski.

Son camarade Vanliarski le présenta au génial Dargomyjski, chez qui Moussorgski se lia avec deux grandes personnalités de l’art musical russe : César Cui et Mili Balakirev.
Sous la direction de ce dernier, le jeune compositeur, âgé alors de dix-neuf ans, étudia sérieusement toute l’histoire de la musique que son professeur étayait d’exemples musicaux et d’une analyse systématique de toutes les oeuvres capitales des compositeurs européens, dans l’ordre chronologique. Cette étude s’accompagnait invariablement de l’exécution par le professeur et l’élève d’oeuvres musicales sur deux pianos.
Balakirev introduisit Moussorgski dans la famille du célèbre critique d’art Stassov, un des plus grands connaisseurs des arts en Russie, et le présenta à la soeur de Glinka, créateur génial de la musique russe.
Cui, pour sa part, fit faire à Moussorgski la connaissance de Moniuszko, célèbre compositeur polonais.
Bientôt, le jeune compositeur se lia d’amitié avec un autre musicien de talent, Nikolaï Rimski-Korsakov, aujourd’hui professeur au Conservatoire de Saint-Pétersbourg.
Son intimité avec ce cercle de musiciens de talent, ses conversations et son commerce constants avec de vastes milieux de savants et d’hommes de lettres russes, dont Vladimir Lamanski, Tourguéniev, Kostomarov, Grigorovitch, Kavéline, Pissemski, Chevtchenko , d’autres encore, stimulaient tout particulièrement l’activité intellectuelle du jeune compositeur, lui donnant une tournure sérieuse, purement scientifique.
Ces fréquentations portèrent leurs fruits : toute une série de compositions musicales inspirées par la vie populaire russe , tandis que sa rencontre chez Lioudmila Chestakova avec le professeur Nikolski et, plus tard, leur amitié furent à l’origine de la création de son opéra Boris Godounov, d’après le drame du grand Pouchkine.
Dans la famille du conseiller privé Purgold, grand amateur d’art, Boris Godounov fut exécuté avec la participation de ses nièces, Alexandra et Nadejda Purgold, interprètes sérieuses et douées, devant une société très nombreuse et en présence du célèbre Pétrov, de Platonova, de Kommissarjevski et de Loukachévitch, directeur adjoint des théâtres. Il fut décidé à ce moment de monter au théâtre trois tableaux de l’opéra, qui avait pourtant été refusé par la direction.
Grâce à l’intervention de la célèbre cantatrice l’opéra fut enfin mis en scène en entier et remporta un succès retentissant. Il produisit une impression énorme sur le public, les artistes et l’orchestre. Ce fut le triomphe de son auteur.
Après l’opéra susmentionné, il conçut, avec le concours du critique Stassov et des professeurs Nikolski et Kostomarov, deux opéras qu’il écrivit si multanément : la Khovanchtchina et la Foire de Sorotchintsy d’après Gogol. À titre de délassement, il composa dans la même période l’Album-Série , inspiré par les oeuvres du génial architecte Hartmann, la Danse macabre (en cinq tableaux) sur un texte de son ami, le comte Golénichtchev-Koutouzov, et plusieurs romances sur des textes du comte Alexéi Tolstoï.
En 1879, la célèbre cantatrice dramatique russe Léonova invita Moussorgski à entreprendre avec elle une grande tournée à travers la Russie vers l’Ukraine, en Crimée, puis le long du Don et de la Volga. Ce voyage de trois mois de deux grands artistes russes, compositeur de talent et cantatrice célèbre, fut une véritable marche triomphale.
En cours de route, le musicien eut l’idée d’écrire sur le texte du grand Goethe le Chant de la puce de Méphistophélès dans la cave d’Auerbach, que personne n’avait encore tenté de mettre en musique.
Moussorgski fit déjà publier deux capriccios pour piano suggérés par ses impressions de voyage en Crimée : Baïdary et Gourzouf. Il composa et, depuis, interpréta à plusieurs concerts un grand tableau musical intitulé La Tempête sur la mer Noire.
 présent, ses deux grands opéras : la Khovanchtchina et la Foire de Sorotchintsy, sont en voie d’achèvement et doivent être bientôt édités, ainsi qu’une grande suite sur des thèmes transcaspiens [thèmes de l’Asie centrale].
Certains des plus originaux tableaux chantés, tels que Savichna, mon cour, l’Orphelin, le Polisson, le Gopak (paroles de Chevtchenko), qui avaient tant frappé un ami du compositeur, von Madeweis, furent remis par ce dernier à la Bibliothèque de Strasbourg avec une lettre explicative de l’auteur.
Deux scherzos : en si bémol majeur et en ut dièse mineur, le premier ayant été joué par l’orchestre conduit par Anton Rubinstein qui voulait que l’auteur entende pour la première fois son oeuvre dans l’exécution orchestrale . Impromptu, Prélude et Menuet monstre, Savichna, mon coeur, le Gopak, En cueillant des champignons (d’après May), la Chanson juive pour choeur et orchestre, la Défaite de Sennachérib (d’après Byron), Josué, fils de Noun (sur de vieux thèmes juifs notés par l’auteur), le Polisson, la Pie bavarde (d’après Pouchkine). Intermezzo symphonique, Kinder. Scherzo, la Fileuse, le Roi Saül (d’après un texte hébreu), la Chanson juive, Une Chanson d’enfants (sur des paroles de May), l’Album de la vie d’enfants, l’Oublié (inspiré par la guerre en Asie centrale), la fantaisie la Nuit (d’après Pouchkine), Ériomouchka (d’après Nékrassov) ; les chansons satiriques le Classique, le Spectacle forain, le Séminariste (ce dernier ouvrage, interdit ; de nombreux manuscrits en circulent, et il a été édité à l’étranger).
Ni par le caractère de ses compositions ni par ses vues musicales, Moussorgski n’appartient à aucun des cercles musicaux existants.
Sa profession de foi artistique découle de la conception qu’il a en tant que compositeur des destinations de l’art : l’art est un moyen de communiquer, mais nullement un but en soi.
Ce principe directeur détermine toute son activité créatrice. Partant de la conviction que le langage humain est régi par des lois strictement musicales (Virchow, Gervinus), il considère que la tâche de l’art musical est la reproduction par les sons non seulement des nuances des sentiments, mais surtout des nuances du langage humain.
Tout en admettant que, dans le domaine de l’art, seuls des artistes réformateurs tels que Palestrina, Bach, Gluck, Beethoven, Berlioz, Liszt ont créé des lois, il estime que celles-ci, loin d’être immuables, progressent et changent, autant que le monde spirituel de l’homme dans son ensemble .
L’influence de ces conceptions artistiques du compositeur sur les tâches et le caractère de son oeuvre s’étendait à ...

Ici, le manuscrit s’interrompt.

Modeste Moussorgski



Publié le 24 mai 2008 par Nouvel Opéra


Il y a 2 commentaires.


Autobiographie de Modeste Moussorgski
moussorgky a til fé des chansons enfantines ?????????
lolo

Autobiographie de Modeste Moussorgski
qui est le père de moussorski


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