Oscar PHYLINE, basse - "КОЛОКОЛА" - Сергей РАХМАНИНОВ

Serge RACHMANINOV - КОЛОКОЛА (Les Cloches)
Opus 35
IV. Lento lugubre (extrait)

Похоронный слышен звон,
Долгий звон

Горькой скорби слышны звуки,
Горькой жизни кончен сон.

Звук железный возвещает
О печали похорон.
И невольно мы дрожим,
От забав своих спешим.
И рыдаем,
Вспоминаем,
Что и мы глаза смежим.

Неизменно монотонный
Этот возглас отдалённый,
Похоронный, тяжкий звон,
Точно стон,
Скорбный,гневный и плачевный,
Выростает в долгий гул.

Возвещает,что страдалец
Непробудным сном уснул...

Traduction Nouvel Opéra ©

Orchestre Symphonique d’Orléans
Choeur Symphonique du Conservatoire d’Orléans
Direction : Jean-Marc COCHEREAU
Dimanche 27 avril 2008
Carré St Vincent - Scène Nationale d’Orléans - Salle Pierre-Aimé Touchard

On retrouve un mélange analogue d’éléments russes et occidentaux dans la "symphonie chorale" Les Cloches op. 35, pour solistes, choeur et grand orchestre, de Sergueï Rachmaninov, composée à Rome en 1913. Si le texte est emprunté au poème The Bells (1848) de l’auteur américain Edgar Allan Poe, qui utilise de manière fascinante les ressources sonores et évocatrices de la langue anglaise, Rachmaninov place son oeuvre (fondée sur une version russe tout aussi géniale du poète symboliste Constantin Balmont) dans un univers musical incontestablement russe. "Le son des cloches d’église dominait toutes les villes russes que je connaissais - Novgorod, Kiev, Moscou", écrivit Rachmaninov dans une esquisse autobiographique. "Elles escortait chaque russe du berceau à la tombe, et pas un compositeur ne pouvait échapper à leur influence. [...] Si jamais j’ai réussit à faire vibrer les cloches des émotions humaines dans mes oeuvres, c’est dû en grande partie au fait que j’ai passé presque toute ma vie parmi les vibrations des carillons de Moscou.
Rachmaninov avait découvert le poème de Poe d’une manière assez romantique : Maria Danilova, une élève de son ami violoncelliste Mikhaïl Boukinik, lui vouait une admiration passionnée et lui fit parvenir de façon anonyme la traduction de Balmont en lui demandant de la mettre en musique. Le compositeur mit cette idée à exécution, et Boukinik fut bien surpris "que notre Rachmaninov, si réservé et si peu sentimental, ait pu être inspiré par l’avis de quelqu’un d’autre - pour créer une oeuvre de cette importance !" Les quatre sortes de cloches décrites par Poe - cloche d’argent du traîneau, cloches d’or des noces, cloches de bronze de l’incendie, cloche de fer du glas - reflètent le spectre complet de l’existance humaine. Rachmaninov a fait des quatre partie du poème quatre mouvements qui suivent le plan de la symphonie classique ou romantique : un joyeux Allegro, ma non tanto en la bemol majeur (avec solo de ténor), un Lento en ré majeur (avec solo de soprano), un Presto démonique en fa mineur (sherzo destiné au seul choeur) et , en guise de finale, un Lento lugubre en ut dièse mineur (avec solo de baryton) qui semble faire écho à la douloureuse conclusion de la Pathétique de Tchaïkovski.
"Dédié à mon ami Wilem Mengelberg et à son orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam", inscrivit Rachmaninov - en Allemand - en tête de la partition ; il semble cependant que Mengelberg n’ait jamais dirigé l’oeuvre. C’est le compositeur lui-même qui monta au pupitre pour la création à Saint-Petersbourg, le 30 novembre 1913, et pour la première audition à Moscou, le 8 février 1914. Par la suite, il fit certaines révisions dans les parties vocales du troisième mouvement pour un concert donné par Sir Henry Wood le 21 octobre 1936, dans le cadre de la Triennale de Sheffield. Parmis les autres chefs d’orchestre qui dirigèrent l’oeuvre, citons Serge Koussevitsky (1915 à Moscou) et Leopold Stokowski (1920 à Philadelphie). Dans l’ensemble, le succès fut néanmoins mitigé, au grand dam de Rachmaninov ; car en 1933 encore, lorsqu’un journaliste lui demanda de citer la plus réussie de ses oeuvres, il répondit : "Sans aucun doute ma cantate, Les Cloches, qui est malheureusement si rarement jouée."




Publié le 15 апреля 2009 par Nouvel Opéra


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